Volcanisme et climat

A l’échelle géologique, les phénomènes liés à l’activité interne de la Terre (en particulier la dérive des continents et le volcanisme) ont, comme l’enfouissement de carbone par la végétation, une influence prépondérante sur le climat.

La dérive des continents modifie les reliefs, et donc les vents et la circulation océanique; ainsi, par exemple, la formation de l’isthme de Panama entre Amériques du Nord et du Sud, il y a environ 15 millions d’années, a représenté un grand bouleversement, menant à la mise en place de la circulation thermohaline et du Gulf Stream que nous connaissons actuellement.

La présence de terre aux pôles conduit également à un climat plus froid dès que la glace s’y forme –moins d’absorption de flux solaire- mais aussi plus stable, dans l’année et à moyen terme. L’Antarctique et le Groenland n’ont pas toujours été à la même place….

Le volcanisme émet en régulièrement un peu de CO2, mais présente aussi des périodes de très forte activité, lors d’éruptions massives. Ainsi, celles survenues il y a 65 millions d’années en Inde sur le plateau du Deccan pendant des dizaines de milliers d’années https://fr.wikipedia.org/wiki/Trapps_du_Deccan
ont elles contribuées à fortement réchauffer le climat à cette époque. Avec une grosse météorite tombée à la même époque dans la presqu’île du Yucatan au Mexique, elles seraient à l’origine de la disparition des dinosaures.

Ces éruptions génèrent aussi des roches particulières, dont des basaltes : La dégradation de ces roches au fil du temps par l’intermédiaire de processus physico-chimiques dit « d’altération des silicates» permet de recapturer du CO2 dans des sédiments carbonates, déposés au fond des lacs et des océans.

L’ altération est favorisée par plusieurs facteurs, dont :
– l’élévation de température: l’émission de CO2 peut donc favoriser sa capture ultérieure …
– la pluviométrie,
– l’érosion mécanique entraînant des particules solides dans les rivières, liée en partie à la pluviométrie mais aussi et surtout au relief. La formation de l’Himalaya depuis près de 60 millions d’années, provoquée par la collision des plaques tectoniques indiennes et asiatique, a activé de façon significative ces mécanisme d’altération. Et donc, participé à la baisse des températures de la planète.

Là où l’affaire devient singulière, c’est que cette capacité de capture des basaltes dépasse le volume des émissions initiales de CO2 lors des éruptions. conduisant donc à très long terme à un refroidissement, en parallèle de l’impact similaire de l’enfouissement de la végétation.

La température finale est inférieure à celle de départ, avant l'éruption

La température finale est inférieure à celle de départ, avant l’éruption

On sait ainsi qu’il y a environ 600 millions d’années régnait sur Terre un climat très froid où, de par la baisse du CO2 et l’action des boucles de renforcement, la totalité de la surface s’est retrouvée gelée (la « snow ball earth») , donc avec une absorption du flux solaire très réduite. Ces conditions auraient pu perdurer éternellement,… et la planète n’a pu en sortir que grâce à une nouvelle grande phase d’éruptions. La lave ayant percé la glace, il y a eu libération associée de CO2 dans l’atmosphère et de cendres volcaniques venant noircir la neige. Cela a permis, de par la baisse de la capacité à rayonner et l’absorption supplémentaire de flux solaire, d’augmenter la température, et ainsi de faire fondre cette glace.
Retour à la BD

Les commentaires sont fermés